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04jan16

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Lettre du Conseil pour une Syrie démocratique à propos de la Conférence de Riyad pour l'opposition syrienne


Nations Unies
Conseil de sécurité

S/2016/3

Distr. générale
4 janvier 2016
Français
Original : anglais

Lettre datée du 3 janvier 2016, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Chargé d'affaires par intérim de la Mission permanente de la Fédération de Russie auprès de l'Organisation des Nations Unies

Je vous serais obligé de bien vouloir faire distribuer le texte de la lettre ci-jointe comme document du Conseil de sécurité (voir annexe).

Le Chargé d'affaires par intérim
(Signé) Peter Iliichev


Annexe à la lettre datée du 3 janvier 2016 adressée au Président du Conseil de sécurité par le Chargé d'affaires par intérim de la Mission permanente de la Fédération de Russie auprès de l'Organisation des Nations Unies

Bonne année! J'espère qu'il y aura plus de justice et de paix partout dans le monde en 2016.

Quelques heures après le vote sur la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité, le Conseil pour une Syrie démocratique a remercié le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, M. Kerry, M. Lavrov et le Groupe de Vienne des efforts qu'ils ont déployés pour établir un plan d'action visant à instaurer la paix et à permettre une transition démocratique en Syrie.

Le Conseil pour une Syrie démocratique est une coalition composée essentiellement d'Arabes, de Kurdes, d'Assyriens, de Turkmènes et d'Arméniens laïcs appartenant à des groupes politiques, civils et militaires syriens qui ont joué un rôle crucial à la conférence du Caire pour l'opposition syrienne et au forum de Moscou (tenu en 2015). Les organisations de notre coalition ont été les premières à défendre l'idée d'une solution politique fondée sur le Communiqué de Genève. Nous avons régulièrement coordonné nos efforts pour aider l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Notre organisation militaire (les Forces pour une Syrie démocratique) a été la première à lutter contre le terrorisme, bien avant la coalition internationale; les combattants et combattantes syriens qui se battent pour la liberté et la dignité à Kobané et dans d'autres villes donnent l'exemple d'une stratégie concrète de lutte contre la terreur et le despotisme, parfaitement illustrée par la bataille récente du barrage de Tashrin livrée contre Daech.

Nos forces contrôlent plus de 16 % du territoire syrien

Le Conseil pour une Syrie démocratique a approuvé la Charte nationale et le plan d'action de la conférence du Caire et a également soutenu les deux premiers cycles des pourparlers de paix de Vienne et les résolutions du Conseil de sécurité sur la Syrie relatives à la lutte contre les groupes terroristes.

Malheureusement, la Conférence de Riyad pour l'opposition syrienne a exclu des composantes très importantes de l'opposition syrienne, ce qui, en raison d'alliances régionales et de logiques politiques, a permis aux groupes proturcs, qataris et saoudiens de se tailler la part du lion. J'ai pour ma part décliné l'invitation qui m'avait été faite, car elle était placée sous le signe de l'exclusion et de la marginalisation. Étaient également invités à la Conférence de Riyad certains groupes qui au quotidien agissent en coordination avec le Front el-Nosra dans le cadre d'opérations militaires communes (Jaish al-Fatah par exemple) et qui ont cependant refusé de reconnaître la conférence du Caire.

L'influence exercée sur Riyad au niveau régional fait de la Haute Commission de Riyad pour les négociations une entité partielle, sectaire et dépendante, et c'est la raison pour laquelle nous ne pouvons accepter de nous rallier à une délégation dans ce cadre.

En Syrie, nous avons plusieurs fronts : les jihadistes, les islamistes et les laïcs. Les interférences régionales dans notre conflit interne donnent à certains petits groupes une place importante et en écartent d'autres. Pris ensemble, les groupes militaires représentés à Riyad contrôlent environ 5 % du territoire syrien. Comment est-il possible d'envisager sérieusement de négocier un cessez -le-feu en l'absence de nos forces militaires, qui contrôlent 16 % du territoire?

La résolution 2254 (2015) prend en compte la conférence du Caire, le forum de Moscou et la conférence de Riyad. Nous espérons que l'Envoyé spécial du Secrétaire général fera de même.

Comme la Haute Commission de Riyad refuse l'idée d'une délégation commune avec égalité des droits, nous sommes prêts à participer à une négociation multilatérale. Notre délégation sera composée de personnalités ayant participé à la conférence du Caire et au forum de Moscou et d'éminents experts.

Le Conseil pour une Syrie démocratique est prêt à coopérer avec le Conseil de sécurité et l'Envoyé spécial du Secrétaire général dans le cadre de négociations futures fondées sur le principe de l'égalité des droits. Notre proposition a été élaborée dans le respect du Communique de Genève (en notre qualité de délégation représentative de l'opposition syrienne).

Le Coprésident du Conseil
pour une Syrie démocratique
(Signé) Haytham Manna


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